Aboiements de chien

Aboiements de chien: quelles sont les causes ? Comment les diminuer ? Explications d'une comportementaliste pour chiens
chien qui aboie

Quelles sont les causes des aboiements de chien et comment les diminuer ?

Cécile Vergne, comportementaliste pour chiens, éducatrice de chiens guides d'aveugle et praticienne en médiation animale nous explique son point de vue et son expérience sur cette thématique assez complexe des aboiements.

Mon expérience des aboiements en tant qu’éducatrice de chiens guides d’aveugles:

En tant qu’ancienne éducatrice de chiens guides d’aveugles, j’ai beaucoup travaillé tant sur le plan théorique que pratique sur le sujet des aboiements : en effet, tout au long de la formation du futur chien guide d’aveugle, nous, éducateurs, cherchions à diminuer au maximum ce phénomène. Ainsi, à titre préventif, nous demandions aux familles d’accueil des chiots d’éviter de les laisser seuls dans leur jardin, sachant pertinemment que ce contexte serait propice au déclenchement d’aboiement. Ici, il s’agissait davantage d’éviter des situations qui seraient favorisantes aux aboiements.

De même, l’apprentissage du « rester seul » se faisait de manière douce, contrôlée et très progressive en s’appuyant sur la physiologie du chiot. Je me rappelle d’un jeune golden retriever qui, à son entrée en éducation, supportait très mal le box et se mettait à aboyer systématiquement dès qu’il s’y trouvait. J’ai réussi à diminuer ce phénomène d’une part, en reprenant à zéro l’apprentissage du rester seul, qu’il avait pourtant bien acquis en maison et d’autre part, en lui apprenant à aboyer sur commande, ce qui sous-entend également l’apprentissage du silence. En parallèle, j’ai passé beaucoup de temps avec lui dans son box, cherchant à y associer du positif. Ainsi, j’ai joué avec lui, je lui ai donné ses repas, j’ai effectué des séances de massage et j’ai même invité des congénères avec lesquels il s’entendait bien…dans son box.

Ce chien a finalement pu terminer sa formation et être remis gratuitement à une personne déficiente visuelle. Ces aboiements au moment de son entrée en éducation ont révélé sa grande sensibilité et une certaine fragilité à vivre seul. Il aurait été dommage de le réformer pour ce « défaut » qui n’était qu’un marqueur de son stress en lien avec le changement d’habitat et de ses habitudes de vie.

 

Mes conseils relatifs aux aboiements en tant que comportementaliste:

En tant que comportementaliste, je rencontre régulièrement des propriétaires qui souhaitent faire cesser les aboiements de leur chien. Rappelons ici que l’aboiement fait partie intégrante de l’éthogramme du chien et qu’il s ‘agit pour lui d’un moyen de communication.

Mon métier de comportementaliste consiste :

  • d’abord à comprendre et faire comprendre,
  • puis de proposer des solutions adaptées non seulement au chien mais aussi à son ou ses maîtres.

 

J’entends régulièrement « il aboie alors qu’il n’y a rien » !

Un chien n’aboie jamais pour rien.

Il existe toujours une raison : une trop forte motivation, une excitation ? Une inquiétude, une peur ? Un besoin ? Une envie d’impressionner ? Une demande d’attention ? L’ennui ? Une douleur ? Le mimétisme ? Une demande d’aide ?

Force est de constater qu’il s’avère parfois compliqué d’identifier les causes ainsi que le déclencheur de ces aboiements. Gardons à l’esprit que les chiens sont beaucoup plus performants que nous en matière de perceptions sensorielles. Ainsi, l’audition du chien lui permet non seulement de capter mais aussi de discriminer des sons dont les fréquences se situent entre 16 et 60000 hertz avec la perception des ultrasons alors que l’audiogramme de l’humain (gamme des fréquences audibles) s’établit de 20 à 20000 hertz.

En définitive, les aboiements sont étroitement liés à la socialisation, aux apprentissages et surtout à l’état émotionnel de votre chien. C’est pour cela qu’intervenir sur des aboiements est complexe et qu’il est impérieux de bien prendre en compte l’individualité de chaque chien. Comme toujours avec les chiens, le contexte est très important à analyser pour pouvoir par la suite, améliorer la situation. C’est pour cette raison que je ne vais pas travailler de la même façon avec un chien issu de refuge dont nous ne connaissons rien de sa vie d’avant et un chien acheté en élevage dont la lignée est réputée (ou pas) aboyeuse.

A chaque situation problématique en lien avec des aboiements, je vous conseille de vous poser les bonnes questions :

- A votre avis, pourquoi votre chien aboie-t-il ?

- Quels bénéfices peuvent être mis en lien avec les aboiements, du point de vue de votre chien ?

  • Exemple 1 : mon chien aboie sur le facteur et mon chien peut associer ses aboiements au fait que le facteur non seulement ne rentre pas dans la maison mais qu’il parte rapidement.
  • Exemple 2 : mon chien aboie en regardant sa balle et je comprends son envie de jouer.

 

- Quelles sont les réponses que j’apporte aux aboiements de mon chien ?

- Et pour quels effets ?

- Dans le deuxième exemple, si à chaque fois que le chien aboie, il accède à une phase de jeu, il apprend ainsi à demander de cette façon. A l’inverse, si personne ne répond à ces aboiements, il y a de forte chance pour que les aboiements s’estompent puis disparaissent.

Nous ne sommes donc pas neutres dans le renforcement (ou pas) des aboiements de nos chiens.

Quoiqu’il en soit, avant l’adoption d’un chien, qu’il s’agisse d’un chiot ou d’un adulte, qu’il vienne d’un élevage, d’un particulier ou d’un refuge, assurez-vous qu’il soit le mieux adapté possible à votre environnement de vie et surtout prévoyez d’avoir du temps à lui consacrer afin de bien l’accompagner au départ, pour une intégration réussie.

Lorsque vous êtes amenés à garder un chien que vous connaissez peu (lors d’un premier échange de garde Animal Futé par exemple), je vous conseille d’être le plus neutre possible vis-à-vis de ses potentiels aboiements, qui sont peut-être à l’origine de tous ces changements (de lieu de vie, de référent humain, d’habitudes…) vécus par le chien et qui le rendent plus ou moins vigilant.

En votre présence, je vous invite à vous positionner dans une logique de diversion positive: le chien aboie derrière la porte d’entrée après avoir entendu la sonnette, je l’accompagne à sa place ; il aboie dans le jardin, je l’appelle et le récompense de son retour. Si je me promène avec le chien en laisse, je m’éloigne avec lui de ce qui le fait aboyer. Je l’aurai ainsi détourné de ce qui le fait aboyer.

En votre absence, nous allons davantage agir sur l’environnement :

- en laissant ou non l’accès au jardin selon le comportement du chien,

- en l’enrichissant éventuellement avec des jeux ou des choses à manger (os, croquettes…) et/ou en laissant un fond sonore.

Cécile Vergne, comportementaliste pour chiens à La Montagne (44)

Cécile Vergne,

Comportementaliste pour chiens,

Praticienne en médiation animale

La Montagne (44) 

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